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L’architecture s’adapte au monde de l’internet ?

Internet et spam

L’explosion d’Internet, la prolifération des réseaux, le web omniprésent ne pouvaient laisser les arcitectes indifférents. Face au développement exponentiel du virtuel, comment situer l’architecture ? Comment cette discipline depuis toujours inscrite comme art de la fondation pourrait-elle encore rendre compte d’un monde où le morcellement et l’effacement progressent ?

The box - Californie, Eric Owen Moss

The box - Californie, Eric Owen Moss

L’école californienne semble être la mieux placée pour répondre à cette interrogation ontologique, relever les défis imposés par la déferlante des technologies nouvelles. En 1993, Thom Mayne, du groupe Morphosis, avait publié un court texte intitulé Connected Isolation. Dans cet opuscule appelé à devenir la bible du philosophe allemand Peter Sloterdijk, il décrit le monde comme un ensemble de micro-univers atomisés, bulles, cocons, sphères … reliés les uns aux autres. Cet archipel généralisé, Thom Mayne va s’efforcer d’en bâtir la traduction. Il conçoit alors ses projets comme des bâtiments déconstruits, ensembles disparates de parties reliées entre elles, non par des modules d’architecture mais par les flux des êtres qui les utilisent et les habitent.

L’architecture prend donc la forme d’une mousse. Ca bourgeonne de partout, ça bouillonne. Tout un pan de la construction se matérialise dans des « pop-up », des greffons, des émergences, sortes de mitages généralisés de l’architecture de base par des pustules squatters, des spams. Les Néerlandais appellent cela le plug-in, ou l’adjonction par branchement d’une partie supplémentaire sur un bâtiment préexistant. On vient ficher une pièce en façade comme on fiche une prise mâle dans une prise femelle. Edouard François applique le procédé dans sa célèbre « Maison qui pousse » de Montpellier, offrant à ses habitants une pièce en plus, nichée dans les arbres, à l’extérieur de chaque appartement. Productifs, les Néerlandais inventent encore le terme de stacking ou empilement. Lors de la désastreuse exposition universelle de Hanovre en l’an 2000, le pavillon signé par MVRDV se présente comme un lasagne écolo gigantesque et décroche la timballe.

Château Le Lez, Montpellier, dit l'immeuble qui pousse

Château Le Lez, Montpellier, dit l'immeuble qui pousse

"Le Lasagne écolo", MVRDV, Exposition Hanovre 2000, pavillon néerlandais

"Le Lasagne écolo", MVRDV, Exposition Hanovre 2000, pavillon néerlandais

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mars 17, 2009 Posted by | Tendances, Uncategorized | Laisser un commentaire